Première place de marché européenne exclusivement dédiée à la vente de produits électriques et électroniques entièrement remis à neuf, Back Market est une des pépites françaises de l’économie circulaire.  

Finies les décharges et l'obsolescence programmée : ordinateurs, smartphones, électroménager ont droit à une seconde vie.

Depuis son lancement en 2014, l’entreprise invite des millions de clients à consommer du reconditionné et reprendre le pouvoir face à une industrie qui nous pousse souvent à la surconsommation. Back Market fait partie de ces entreprises qui réconcilient économie et écologie.

Nous avons posé 3 questions à Vianney Faute, co-fondateur et Chief Creative Officer.

Cet interview a été réalisé par Standard Deviation, avec qui nous avons collaboré sur l'édition Écologie, prenez la main !.

Back Market est en train de démocratiser le reconditionné et de transformer une industrie où la surconsommation tourne encore à plein régime. De quoi es-tu le plus fier ?

C’est peut-être cliché mais je dirais la taille de l’entreprise. Je ne pense pas que la croissance et le passage à l’échelle soit une fin en soit, cela étant dit le défi de BackMarket est global.

On parle de milliards de gadgets et de produits électroniques fabriqués chaque année et leur impact environnemental et social est catastrophique. Pour espérer régler ce problème, il faut passer à l’échelle. Il faut proposer une alternative grand public pour la consommation de ces objets et avoir un réel impact à la source, sur le nombre de nouveaux produits mis sur le marché.

Aujourd’hui Back Market est dans 6 pays, plus de 1.5 million de clients et 600 partenaires de reconditionnement. Nous sommes encore loin de l'échelle des mastodontes du neuf, mais on y arrive !

Back Market allie responsabilité environnementale, sociale et rentabilité économique, quels sont les compromis que vous devez faire au quotidien ?

Pour moi, le compromis le plus important a été la manière dont je m’adresse aux nouveaux clients quand je leur parle de changer nos habitudes de consommation; de passer du neuf au reconditionné. Au début, j’essayais de faire appel à la sensibilité environnementale des clients, en parlant de déchets électroniques, de la raréfaction des matériaux etc. et de Back Market comme d’un mouvement qu’on rejoint. C’est d’ailleurs de là que vient notre nom: un marché underground, un monde parallèle où on refuse le neuf. Rapidement je me suis rendu compte que ce discours ne touchait pas le grand public. La plupart des gens ne pensent pas aux déchets électroniques, ils veulent un smartphone, une tablette, un frigo, à un bon prix et un super service. Comment leur en vouloir ?

Me rendre compte de cette réalité a changé la manière dont j’interagis avec nos clients, désormais je parle de rapport qualité-prix, de délais de livraison, de garantie, et je ne suis plus dans un discours 100 % idéologique.

L’appétit grandissant pour des modes de consommations plus "green", tu le perçois ?

Clairement oui. Il suffit de regarder la météo pour se rendre compte de la crise environnementale, impossible d’y échapper, donc forcément cela impact la manière dont on consomme.

Mais l’industrie tech et ses différentes parties prenantes (consommateurs, fabricants, media, distributeurs) sont en retard par rapport à d’autres industries où la révolution de la consommation responsable est bien en marche (alimentation, textile, énergie, transport…). Aujourd’hui nous fabriquons, vendons, distribuons, consommons et nous débarrassons d'un micro-ondes comme à l’époque de nos grand-mères. Le discours sur les déchets électroniques, l’obsolescence planifiée est encore assez confidentielle et fait peu de bruit par rapport à un Apple et ses annonces de nouveaux produits.

C’est une industrie assez fétichiste et qui doit résoudre un paradoxe important : l’innovation technologique n’est-elle pas sensée nous sauver de l’apocalypse ? Comment c’est possible alors que son impact environnemental soit aussi négatif ?

Les fantasmes autour de Tesla, et de leurs voitures soit disant "propres" parce que électroniques, sont assez symptomatiques de notre incompréhension du problème et de l’importance de gratter plus loin que la surface a priori "innovante" de la technologie.

Et toi en tant que consommateur, tu as changé tes habitudes?

A titre personnel, je suis devenu franchement décroissant avec le temps : je ne crois plus trop aux alternatives de consommation soit disant "vertueuses" - la seule alternative crédible et efficace à la consommation, c'est la déconsommation. Donc même si Back Market vit encore aujourd'hui de la vente de produits, je préfèrerais encore que nos consommateurs gardent plus longtemps leurs produits et reviennent nous voir quand ils n'ont pas d'autre choix que d'en adopter un nouveau. Plus de réparation et moins de consommation, c’est vers cela qu’on doit aller !

Merci Vianney.

Pour aller plus loin, découvrez notre édition Écologie, prenez la main !

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